Les traditions ancestrales au service du cinéma

Hideo Nakata a réussi la prouesse de mélanger les croyances ancestrales avec les peurs contemporaines : Ring est un chef d’œuvre, reconnu dans le monde entier. Inspiré des légendes présentes dans tout le Japon, le scénario de son film est le miroir des perceptions nippones.

Le Japon est bercé d’histoires de fantômes, revenant hanter les personnes responsables de leur mort. Pour comprendre les ficelles utilisées par les écrivains et scénaristes japonais, il faut se pencher sur la culture religieuse de ce pays.

La religion Shintô, très présente au pays du soleil levant, est basée sur l’existence de nombreux esprits (Kami).  Ces derniers seraient présents dans chaque élément de la vie (humain, animal, minéral, végétal, phénomène climatique…). Ces croyances sont à la base de la création du théâtre Kabuki qui a façonné la représentation du fantôme : il s’agit très souvent d’une femme, défigurée et/ou livide, arborant de longs cheveux noirs, vêtue de blanc (couleur du deuil au Japon) et se déplaçant les paumes en dedans et les bras repliés (le dessus des mains représentant le Yin, énergie négative).

Ca ne vous rappelle pas quelques films ? Effectivement, la plupart des scénarios d’épouvante japonais reprennent cette représentation : Ring et Dark Water (Hideo Nakata), Kaïro (Kiyoshi Kurosawa) ou encore The Grudge (Takashi Shimizu). Les films s’inspirent des peurs autochtones, tout comme chez les occidentaux, mais nos codes et références étant différents, le malaise s’installe un peu plus…qu’en pensez-vous ?

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